Quelles voitures sont encore assemblées en France
Douze usines terminales assemblent des véhicules particuliers et utilitaires légers en France. Le décompte est celui de L'Usine Nouvelle, qui a recensé le 28 janvier 2026 les « douze usines terminales que compte l'Hexagone » et publié leurs volumes 2025 site par site.
Auto Infos le confirme le 30 janvier 2026 par une autre voie : « Stellantis compte encore cinq sites d'assemblage dans l'Hexagone », et Renault « quatre usines de montage, plus un petit atelier à Dieppe ». Avec Toyota à Onnaing et Ineos à Hambach, le compte tombe juste.
| Usine | Groupe | Modèles assemblés |
|---|---|---|
| Sochaux | Stellantis | Peugeot 3008, Peugeot 5008 |
| Mulhouse | Stellantis | Peugeot 308, 308 SW, 408, DS 7 |
| Hordain | Stellantis | Fourgons Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Toyota |
| Poissy | Stellantis | Opel Mokka, DS 3 |
| Rennes-La Janais | Stellantis | Citroën C5 Aircross |
| Douai | Renault Group | Renault 5 E-Tech, Mégane E-Tech, Scénic E-Tech, Alpine A290, Nissan Micra, Mitsubishi Eclipse Cross |
| Maubeuge | Renault Group | Kangoo, Kangoo E-Tech, Renault 4 E-Tech |
| Sandouville | Renault Group | Trafic, Trafic E-Tech |
| Batilly (SOVAB) | Renault Group | Master, Master E-Tech |
| Dieppe | Renault Group (Alpine) | Alpine A390 |
| Onnaing | Toyota | Yaris, Yaris Cross |
| Hambach | Ineos Automotive | Grenadier, Quartermaster |
Cette liste se périme vite. Quatre mouvements de 2026 en ont déjà changé le contenu, et un cinquième est programmé avant la fin de l'année.
Renault publie, site par site et modèle par modèle
Renault Group met en ligne, sur les pages « Locations » de son site institutionnel, la production 2025 et l'effectif au 31 décembre 2025 de chacune de ses usines françaises. C'est la seule source primaire complète du dossier.
Les pages consultées portent des dates de mise à jour échelonnées entre le 11 mai et le 21 septembre 2026. Renault y publie des lignes par modèle, pas des totaux : les sommes ci-dessous sont des additions de ces lignes, et l'une d'elles est incomplète.
| Site | Production 2025 (somme des lignes publiées) | Effectif au 31/12/2025 |
|---|---|---|
| Douai | 150 477 (incomplet : Micra et Eclipse Cross listés mais non chiffrés) | 2 815 |
| Maubeuge | 144 504 | 1 749 |
| Sandouville | 114 112 | 1 865 |
| Batilly (SOVAB) | 100 033 | 1 938 |
| Dieppe | 3 079 (A110 : 2 480 · A390 : 599) | 380 |
Deux contrôles valident ces chiffres. L'Usine Nouvelle donne Maubeuge à 144 504 unités, exactement la somme des lignes Renault. Elle donne Douai à 156 300, soit 5 823 de plus que les lignes chiffrées — écart cohérent avec les Micra et Eclipse Cross que Renault ne détaille pas.
Renault publie aussi ses records historiques, et ils situent l'ampleur du recul : Douai a produit 469 510 véhicules en 2004, Sandouville 135 370 Trafic en 2017, Batilly 150 261 Master en 2023. Dieppe a assemblé 35 450 Alpine depuis 1969, dont 28 701 A110 de deuxième génération depuis 2017.
Stellantis ne publie rien, et c'est la moitié du parc
Stellantis ne diffuse aucune production par site. Les cinq volumes qui circulent viennent de trois sources distinctes, toutes secondaires : les relevés de L'Usine Nouvelle, les estimations d'Auto Infos, les données du cabinet Inovev et les communiqués de la CFE-CGC.
| Site | Production 2025 | Production 2024 | Source du chiffre 2025 |
|---|---|---|---|
| Sochaux | 230 000 | 174 618 | Le Trois, 6 février 2026, citant le site et un communiqué CFE-CGC |
| Hordain | 150 200 | 154 694 | Auto Infos, 30 janvier 2026 |
| Mulhouse | 127 700 | 147 564 | Auto Infos, 30 janvier 2026 |
| Poissy | 89 500 | 87 000 | Auto Infos, 30 janvier 2026 |
| Rennes-La Janais | 64 700 | 67 000 | Auto Infos, 30 janvier 2026 |
| Total France | 661 900 | ≈ 570 000 | Auto Infos, 30 janvier 2026 |
L'écart de qualité entre ce tableau et le précédent n'est pas un détail de méthode. Sur Sochaux, deux sources donnent deux effectifs : Auto Infos écrit 6 000 salariés, Le Trois écrit 5 500 salariés plus 1 000 intérimaires. La seconde formulation est plus précise, mais aucune des deux n'est confirmée par le constructeur.
Un seul chiffre Stellantis est d'une autre nature, parce qu'il vient d'un syndicat présent sur place : la cadence de Mulhouse est passée de 640 à 460 véhicules par jour en janvier 2026, d'après la CFE-CGC citée par Auto Infos le 30 janvier 2026.
Toyota Onnaing : le record du parc français
Toyota Motor Manufacturing France a produit 283 465 véhicules à Onnaing en 2025, un record pour le site. Auto Infos le rapporte le 11 septembre 2026, avec le détail de la trajectoire : 274 000 en 2023, 279 613 en 2024, et un pic historique antérieur de 262 000 en 2007.
Le Yaris Cross représente 212 000 de ces unités, soit 75 % de la production du site. La cadence est passée à 1 250 voitures par jour en septembre 2026, une toutes les 58 secondes, contre 1 120 d'avril à début septembre. L'effectif est de 4 000 CDI et 500 CDD, avec plus de 400 intérimaires après 150 recrutements.
Le site a franchi 25 ans de production en 2026, pour un cumul de 5,5 millions de Yaris et Yaris Cross depuis 2001. Le Yaris Cross porte le label Origine France Garantie, avec 55 % de valeur ajoutée réalisée en France.
Un site produit donc à lui seul 43 % du volume des cinq usines de Stellantis réunies. C'est le fait le plus contre-intuitif de ce recensement.
Ineos Hambach, la douzième usine que les recensements oublient
Ineos Automotive assemble le Grenadier et le Quartermaster à Hambach, en Moselle, avec environ 1 300 salariés. Le site figure dans le périmètre des douze usines terminales retenu par L'Usine Nouvelle le 28 janvier 2026.
Sa production annuelle n'est pas publiée. Le site a connu un arrêt en septembre 2024, consécutif à la défaillance du siégiste Recaro, et a redémarré le 16 janvier 2025 après la reprise de ce fournisseur par l'italien Proma.
C'est l'usine que les panoramas en ligne omettent le plus souvent, au même titre que Hordain — pourtant 150 200 véhicules en 2025.
Ce qui n'est pas une usine d'assemblage
La confusion la plus fréquente sur ce sujet consiste à mêler assemblage véhicule et mécanique. Renault Group classe lui-même chacun de ses sites par activité sur ses pages Locations, mises à jour le 26 août 2026, ce qui permet de trancher sans interprétation.
Flins est classé « Circular economy » : c'est la Refactory. Le montage carrosserie y a cessé définitivement en mars 2024 avec la Zoé. Cléon produit des moteurs, Le Mans des châssis, Ruitz des transmissions, Meyzieu des pièces embouties, Gretz-Armainvilliers transforme des véhicules existants, Saint-André-de-l'Eure est un site logistique.
Côté Stellantis, Trémery et Douvrin sont des usines de moteurs, Metz-Borny et Valenciennes des usines de boîtes de vitesses. Caen, Charleville-Mézières, Vesoul et Sept-Fons relèvent de la mécanique, de la fonderie ou des pièces de rechange.
Le piège de toponymie vaut d'être signalé : l'usine Stellantis de Valenciennes fabrique des boîtes de vitesses, tandis que l'usine d'assemblage que l'on appelle couramment « de Valenciennes » est celle de Toyota, implantée à Onnaing.
Enfin, les gigafactories de cellules — ACC à Billy-Berclau et Douvrin, Verkor à Dunkerque — ne sont pas des usines automobiles. Nous avons traité leur capacité et leur calendrier propre dans notre analyse des gigafactories de batteries en Europe.
Cinq mouvements de 2026 qui changent la carte
Quatre événements datés de 2026 invalident la plupart des recensements publiés avant l'été, et un cinquième est programmé pour la fin octobre.
Le 16 avril 2026, Stellantis annonce en CSE extraordinaire l'arrêt de la production de véhicules à Poissy, à la fin de vie des Opel Mokka et DS 3, d'ici 2028. Environ 700 suppressions de postes sur 1 700 ouvriers sont évoquées, avec 100 millions d'euros d'investissement pour une reconversion vers les pièces, l'économie circulaire et l'impression 3D. Le taux d'utilisation du site était l'un des plus bas des usines d'assemblage du groupe. Poissy assemble toujours des voitures aujourd'hui : l'arrêt est annoncé, pas effectif.
La dernière Alpine A110 de deuxième génération est sortie de chaîne à Dieppe au tournant de juin et juillet 2026 — Renault Group date l'événement de juin, Motorlegend du 1er juillet dans son article du 2 juillet 2026. Dieppe n'est pas menacée pour autant : le site assemble l'A390 et prépare la troisième génération d'A110.
Le 21 mai 2026, lors de la présentation de son plan stratégique, Stellantis a annoncé la production d'un véhicule premium Voyah, du groupe Dongfeng, à Rennes-La Janais, avec un démarrage visé en 2028. Rennes n'assemble à ce jour que le Citroën C5 Aircross.
Le 8 septembre 2026, Bolloré a annoncé l'arrêt définitif de la production de bus électriques Bluebus à Ergué-Gabéric, avec un plan de sauvegarde de l'emploi visant 74 postes.
Le 30 octobre 2026, l'usine Stellantis de Douvrin fermera, après plus de 40 millions de moteurs produits en 57 ans. Trémery deviendra alors la seule usine de moteurs du groupe en France. C'est un site mécanique, pas une usine d'assemblage, mais sa fermeture pèse sur le même tissu industriel.
Un sixième mouvement circule sans être confirmé : Bloomberg a évoqué en septembre 2026 un investissement de plus d'un milliard d'euros de Stellantis à Hordain pour un nouvel utilitaire. Stellantis ne l'a pas confirmé à l'AFP. Nous le mentionnons au conditionnel et sans l'intégrer aux volumes.
Le cadre national, et les trois chiffres qu'il ne faut pas confondre
Trois chiffres de production française 2025 coexistent, et ils ne mesurent pas la même chose. Les additionner ou les substituer l'un à l'autre est l'erreur la plus fréquente du sujet.
| Chiffre 2025 | Périmètre | Source |
|---|---|---|
| 1 464 000 | Véhicules particuliers + utilitaires légers | PFA, citée par Auto Infos le 28 août 2026 |
| 1 476 672 | VP + camionnettes de moins de 3,1 t, 12 usines | L'Usine Nouvelle, relevé propre, 28 janvier 2026 |
| 986 275 (+15,5 %) | Voitures particulières seules | ACEA, via L'Argus, 21 avril 2026 |
La progression de 15,5 % en 2025 ne vaut donc que pour les voitures particulières. Elle succède à une année 2024 à 910 243 VP, et à un point bas de 1,34 million de véhicules tous types confondus, le plus faible depuis les années 1960 hors période Covid, d'après Inovev cité par L'Argus le 25 février 2025.
La trajectoire longue est sans ambiguïté. La meilleure année française reste 2004, à 3,66 millions de véhicules, rappelée par Auto Infos les 30 janvier et 28 août 2026. En 2019, la France produisait encore 2,17 millions de véhicules. Le premier trimestre 2026 progresse de 6 % sur un an selon l'OICA, mais reste inférieur de 37 % à celui de 2019.
L'ACEA situe la France au cinquième rang de l'Union européenne en 2025, avec 8,6 % de la production européenne et 1,25 % de la production mondiale. Nous avons analysé la structure de ce marché dans notre étude du parc automobile français.
Un chiffre explique une partie du mouvement : au premier trimestre 2026, le coût horaire de l'industrie manufacturière dépassait 48 euros en France, contre 28,70 euros en Espagne, 20 euros en Slovaquie, 12,50 euros en Roumanie et 5 à 6 euros au Maroc, d'après Rexecode cité par Auto Infos le 28 août 2026.
Pourquoi ce recensement n'existait pas
La raison est simple et vaut d'être écrite : aucune institution ne publie la production automobile française par usine.
La PFA publie une lettre mensuelle « Marché & Analyses » et les données d'immatriculations ; le chiffre national de 1 464 000 unités lui est attribué, mais aucun détail par site n'est diffusé. L'ACEA et l'OICA publient au niveau des pays, jamais des usines. Renault publie les siennes. Toyota communique son volume annuel. Stellantis ne publie rien.
Un recensement complet suppose donc d'additionner des sources de qualité inégale, et de le dire. C'est ce que fait cet article. Tout tableau qui présente les douze lignes avec la même autorité apparente masque le fait que la moitié du parc français est documentée par des journalistes et des syndicats, faute de publication du constructeur.
Questions fréquentes
Quelles sont les voitures fabriquées en France ?
Peugeot 3008 et 5008 à Sochaux, Peugeot 308 et 408 et DS 7 à Mulhouse, Citroën C5 Aircross à Rennes, Opel Mokka et DS 3 à Poissy, des fourgons multimarques à Hordain, Renault 5 et Mégane et Scénic et Alpine A290 et Nissan Micra à Douai, Kangoo et Renault 4 à Maubeuge, Trafic à Sandouville, Master à Batilly, Alpine A390 à Dieppe, Toyota Yaris et Yaris Cross à Onnaing, Ineos Grenadier et Quartermaster à Hambach.
Où sont fabriqués les véhicules Renault ?
Renault Group dispose de cinq sites d'assemblage en France : Douai, Maubeuge, Sandouville, Batilly et Dieppe pour Alpine. Flins n'assemble plus de véhicules depuis mars 2024 et est classé « Circular economy » par le groupe. Cléon, Le Mans, Ruitz et Meyzieu sont des sites mécaniques ou de pièces, pas d'assemblage.
Combien de voitures la France a-t-elle produites en 2025 ?
Cela dépend du périmètre. La PFA donne 1 464 000 véhicules particuliers et utilitaires légers. L'Usine Nouvelle, sur son relevé des douze usines, donne 1 476 672 véhicules particuliers et camionnettes de moins de 3,1 tonnes. L'ACEA donne 986 275 voitures particulières seules, en hausse de 15,5 %. Ces trois chiffres ne sont pas interchangeables.
Quelle est la plus grosse usine automobile de France ?
Toyota à Onnaing, avec 283 465 véhicules produits en 2025, un record pour le site d'après Auto Infos du 11 septembre 2026. Sochaux suit avec environ 230 000 unités selon Le Trois du 6 février 2026, un chiffre non publié par Stellantis. Douai est le premier site de Renault, à 150 477 unités selon les lignes publiées par le constructeur.
L'usine de Poissy est-elle fermée ?
Non. Stellantis a annoncé le 16 avril 2026 l'arrêt de la production de véhicules à Poissy à la fin de vie des Opel Mokka et DS 3, d'ici 2028. Le site assemble toujours ces deux modèles. Le projet prévoit 100 millions d'euros d'investissement pour une reconversion vers les pièces, l'économie circulaire et l'impression 3D.
Comment se porte l'industrie automobile en France ?
La production 2025 progresse pour la première fois depuis plusieurs années — plus 15,5 % sur les voitures particulières selon l'ACEA — mais reste très inférieure à ses niveaux antérieurs : 2,17 millions de véhicules en 2019, 3,66 millions en 2004. Le premier trimestre 2026 progresse de 6 % sur un an selon l'OICA tout en restant inférieur de 37 % à celui de 2019.