Le cadre : une enveloppe fermée et des critères resserrés

La troisième édition dispose d'une enveloppe de 401 millions d'euros permettant d'attribuer environ 50 000 véhicules en LLD sur des durées de trois ans, avec une aide plafonnée à 9 500 € par dossier selon les données relayées par Leocare.

Les critères d'accès combinent quatre filtres. Un plafond de revenu fiscal de référence par part, situé selon les sources à 16 300 € (avis 2025 sur revenus 2024), certaines sources indiquant 16 880 € pour la session ouverte en juillet 2026 — ce point mérite d'être vérifié sur le portail officiel avant tout dossier. Un critère d'usage : résider à plus de 15 km de son lieu de travail avec trajet en voiture personnelle, ou parcourir plus de 8 000 km par an à titre professionnel. Un critère de statut : être actif, salarié, indépendant, intérimaire, en CDD ou auto-entrepreneur. Et un critère de non-cumul : ne pas avoir bénéficié du dispositif en 2024 ou 2025, un seul contrat par foyer fiscal.

Côté véhicule, la contrainte est double : un neuf 100 % électrique à moins de 47 000 € TTC, un contrat LLD ou LOA d'au moins 36 mois, et un loyer plafonné à 200 € par mois. Ce plafond de loyer est le paramètre qui structure toute l'offre constructeur.

Renault en largeur, Stellantis en profondeur

Renault aligne sept modèles éligibles, l'offre la plus large du dispositif selon Journal Auto. La nouveauté de cette édition est l'entrée de la Twingo E-Tech à 130 €/mois en finition Evolution.

Stellantis répond par le nombre de marques : six enseignes du groupe participent — Citroën, Peugeot, Fiat, Opel, Jeep et Lancia. La Citroën ë-C3 ouvre le catalogue à 95 €/mois, le loyer le plus bas du dispositif. Peugeot cadence sa gamme avec l'e-208 à 149 € en finition Style et 159 € en Allure, puis l'e-308 à 199 €, soit un loyer équivalent à celui de l'édition 2025. Au total, plus de 35 modèles sont confirmés par les constructeurs.

Au 16 juillet 2026, Citroën, Renault et Peugeot dominent l'offre, comme le relève Places d'Affaires. Cette domination n'est pas un hasard de catalogue : elle découle mécaniquement du plafond de 200 €/mois et du seuil de 47 000 € TTC, qui excluent de fait le premium et une partie du segment C.

Le filtre qui compte vraiment : le score environnemental

L'absence des constructeurs chinois du dispositif est le fait structurant de cette édition. Ni BYD, ni Xpeng, ni Nio ne figurent au catalogue. Cette absence ne relève pas d'un choix commercial mais d'un filtre réglementaire : l'éligibilité est conditionnée à un score environnemental qui intègre l'empreinte carbone de production et la traçabilité de la chaîne batterie.

Le dispositif fonctionne donc comme une barrière non tarifaire assumée. Il oriente une dépense publique de 401 millions d'euros vers des chaînes de valeur majoritairement européennes, sans passer par un droit de douane. C'est un outil de politique industrielle plus efficace qu'une subvention à la production, parce qu'il agit sur la demande solvable et non sur l'offre.

La contrepartie est un enfermement de l'offre. Avec un plafond à 200 €/mois, les constructeurs européens doivent compresser leurs marges sur des segments A et B déjà tendus. La question de la soutenabilité de ces loyers hors dispositif reste entière, et n'est documentée par aucune publication constructeur à ce jour.

Ce que la mécanique révèle des rapports de force

Trois enseignements structurels se dégagent, indépendamment des volumes finaux qui ne seront connus qu'au bilan officiel.

Le premier concerne le critère « made in Europe » plutôt que « made in France ». Le dispositif accepte des véhicules produits ailleurs en Europe dès lors que le score environnemental est atteint. C'est une acceptation politique explicite d'une chaîne de valeur européenne intégrée, y compris quand elle passe par l'Europe centrale ou la péninsule balkanique.

Le deuxième concerne l'absence des marques allemandes du haut du catalogue. Volkswagen ne dispose pas encore d'une offre segment B électrique alignée sur le plafond de 200 €/mois. Cette fenêtre profite mécaniquement à Renault et Stellantis, et se refermera si un modèle allemand abordable arrive sur le marché.

Le troisième concerne le report du sujet vers 2027. Une fois l'enveloppe consommée, la demande particulière sur le segment B électrique retombe sur les conditions de marché. Le vrai test industriel n'est pas la capacité à vendre 50 000 véhicules subventionnés, c'est la capacité à en vendre autant l'année suivante sans le dispositif.

Leasing social 3e édition — offres constructeurs annoncées au 16 juillet 2026
MarqueModèle / finitionLoyer mensuel annoncéGroupe
Citroënë-C395 €/moisStellantis
RenaultTwingo E-Tech Evolution130 €/moisRenault Group
Peugeote-208 Style149 €/moisStellantis
Peugeote-208 Allure159 €/moisStellantis
Peugeote-308199 €/moisStellantis
FiatGrande Pandaau catalogue, tarif à confirmerStellantis

Plus de 35 modèles confirmés au total. Loyers annoncés par les constructeurs, sous réserve de finition, de disponibilité et d'éligibilité du dossier. Renault aligne sept modèles, Stellantis six marques.

Les données qui manquent pour juger

Deux séries seraient nécessaires pour évaluer réellement le dispositif, et aucune n'est publique à ce jour.

La première est le taux de conversion entre dossiers déposés, dossiers validés et véhicules effectivement livrés. Les éditions précédentes ont montré que l'écart entre ces trois volumes est significatif, mais aucun bilan intermédiaire officiel n'a été publié pour la session ouverte le 16 juillet. Toute volumétrie circulant à ce stade est à considérer comme non sourcée.

La seconde est le comportement à échéance des bénéficiaires des éditions 2024 et 2025, dont les premiers contrats arriveront à terme en 2027. Le taux de rachat en LOA détermine le volume d'occasions électriques qui reviendra sur le marché, et donc la pression sur les valeurs résiduelles du segment B. C'est le vrai sujet à moyen terme, et il ne sera documenté qu'à partir de 2027.

FAQ

Quel plafond de revenu pour être éligible en 2026 ?

Le revenu fiscal de référence par part doit se situer sous un plafond que les sources situent à 16 300 € (avis 2025 sur revenus 2024), certaines mentionnant 16 880 € pour la session ouverte en juillet 2026. Cet écart entre sources impose de vérifier le montant exact sur le portail officiel du dispositif avant de constituer un dossier.

Combien de dossiers ont été validés à ce jour ?

Information non disponible. Aucun bilan intermédiaire officiel n'a été publié pour la session ouverte le 16 juillet 2026. La cible affichée est d'environ 50 000 véhicules sur une enveloppe de 401 M€, mais le rythme réel d'attribution n'est pas documenté publiquement à ce stade.

Pourquoi les constructeurs chinois sont-ils absents ?

L'éligibilité est conditionnée à un score environnemental intégrant l'empreinte carbone de production et la traçabilité de la chaîne batterie. Ce filtre exclut de fait les modèles produits hors d'Europe sans conformité au barème, ce qui écarte les principales marques chinoises du catalogue.

Quel impact indirect sur les flottes d'entreprise ?

Le dispositif est réservé aux particuliers, mais il mobilise des capacités de production et des allocations commerciales sur les segments A et B électriques. Une entreprise commandant les mêmes références peut donc rencontrer des délais allongés. Les délais constatés varient par modèle et par concession : à vérifier au moment de la commande.